Comparer les brouilleurs multibandes suppose de croiser couverture de fréquences, puissance réelle, portée, format et cadre légal avant d'acheter. Voici les repères concrets, chiffres et pièges à connaître.
Qu'est-ce qu'un brouilleur multibandes et comment fonctionne-t-il ?
Un brouilleur multibandes — on dit aussi brouilleur de signal, ou RF jammer en anglais — sert à émettre un bruit radioélectrique sur les fréquences qu'utilisent les appareils qu'on veut neutraliser. Le principe reste simple à comprendre : ce signal parasite, plus puissant que l'original, vient écraser le signal utile émis par les antennes-relais ou les satellites, qui devient alors inexploitable pour le terminal visé. Selon la technique employée, on distingue le brouillage par bruit, le brouillage par barrage (barrage jamming) ou encore le brouillage par balayage (sweep jamming).
Dans l'univers de la radiofréquence, chaque appareil du quotidien possède sa propre tranche du spectre. Côté téléphonie mobile, on trouve les bandes cellulaires classiques : 700 MHz, 800 MHz, 900 MHz, 1800 MHz, 1900 MHz et 2100 MHz. Elles servent aussi bien à la voix qu'à la data, sans oublier la signalisation échangée en permanence entre le téléphone et l'antenne-relais. Le GPS, lui, se cale sur les 1575 MHz pour capter les signaux satellites. Le Wi-Fi occupe les bandes 2,4 GHz et 5 GHz, et le Bluetooth exploite l'ISM entre 2,402 et 2,480 GHz. Voilà pourquoi un brouilleur multibandes digne de ce nom doit couvrir plusieurs de ces fenêtres simultanément : sans ça, difficile d'être vraiment efficace. Vient ensuite la question de la méthode. Les modèles avancés misent sur le brouillage protocolaire, en ciblant les canaux de contrôle : on déstabilise l'appareil sans saturer tout le spectre. À l'inverse, le brouillage par barrage, plus traditionnel, bloque plusieurs fréquences d'un coup, mais répartit la puissance disponible entre elles. Conséquence directe : la force appliquée à chaque fréquence baisse. En clair, on gagne en couverture ce qu'on perd en intensité par canal. C'est précisément cet arbitrage qui doit guider le choix de l'appareil.
| Usage | Bandes classiquement citées |
|---|---|
| Cellulaire | 700 MHz, 800 MHz, 900 MHz, 1800 MHz, 1900 MHz, 2100 MHz |
| GPS | 1575 MHz |
| Wi-Fi | 2,4 GHz et 5 GHz |
| Bluetooth | 2,402–2,480 GHz (bande ISM) |
Le marché donne la mesure de cet engouement. Selon une étude citée pour 2025, le secteur des brouilleurs de signaux pèserait 913,05 millions de dollars, avec une projection à 1 209,32 millions : une croissance soutenue, sur quelques années seulement. Un autre rapport voit plus grand, et parle de 1,8 milliard en 2026 pour atteindre 3,6 milliards en 2033. Dans ce paysage, les brouilleurs multibandes domineraient largement la catégorie, avec 32,0 % de part de marché, soit environ 0,91 milliard en 2025, le tout porté par un CAGR de 8,3 %. D'autres estimations, plus prudentes ou calculées sur un périmètre différent, tablent sur 2,37 milliards en 2026 et 3,36 milliards en 2030, avec un CAGR de 9,1 %. Bref, selon la méthodologie retenue, le marché mondial se situe quelque part entre 1,8 et 4,6 milliards de dollars en milieu de décennie. Mais sur un point, toutes les sources convergent : la croissance est bien là, et elle vient surtout des usages gouvernementaux, de la lutte anti-drones et de la guerre électronique, bien plus que de l'achat individuel.
| Source / périmètre | Valeur de départ | Projection | CAGR |
|---|---|---|---|
| Étude citée (2025) | 913,05 M$ (2025) | 1 209,32 M$ | — |
| Rapport alternatif | 1,8 Md$ (2026) | 3,6 Md$ (2033) | — |
| Segment multibandes | ≈ 0,91 Md$ (2025), part de 32,0 % | — | 8,3 % |
| Estimation complémentaire | 2,37 Md$ (2026) | 3,36 Md$ (2030) | 9,1 % |
Ces chiffres ont de quoi donner le vertige, mais il faut les prendre avec des pincettes. Si le marché du brouilleur de signal grimpe, ce n'est pas parce que Monsieur Tout-le-Monde rêve de couper le réseau dans son salon. Le vrai moteur, c'est l'anti-drone et la guerre électronique étatique — deux domaines où les budgets se comptent en millions et où les exigences techniques n'ont strictement rien à voir avec un usage domestique. Le contraste saute aux yeux quand on regarde du côté des douanes : depuis 2021, les autorités américaines ont enregistré une hausse d'environ 830 % des saisies de brouilleurs. Autrement dit, ces appareils circulent beaucoup plus qu'avant, et souvent entre les mains d'acheteurs qui n'avaient pas mesuré les risques. Un rapport Tech Insights de 2023 évoquait de son côté une demande en hausse de plus de 40 %. Et pourtant, près de 65 % des acheteurs regrettent de ne pas s'être renseignés en amont — la précipitation coûte cher —, tandis que 70 % des utilisateurs invoquent des préoccupations liées à la confidentialité pour justifier leur intérêt. Bref, entre l'image d'un secteur en pleine explosion et la réalité des usages personnels, l'écart est bien réel. Mieux vaut l'avoir en tête avant de sortir sa carte bancaire.
Brouilleur monobande ou multibande : quelles différences concrètes ?
Un brouilleur monobande ne couvre qu'une seule plage de fréquences à la fois. On l'utilise par exemple pour le GSM 900 MHz, encore largement répandu sur les réseaux voix traditionnels, ou pour la 4G LTE 1800-2600 MHz, qui assure aujourd'hui l'essentiel de la navigation mobile. Son atout, c'est justement sa simplicité : il consomme peu, chauffe moins qu'un modèle à plusieurs émetteurs et coûte en général moins cher. En revanche, sa portée reste limitée : dès qu'un appareil bascule sur une autre bande, le Wi-Fi ou le GPS par exemple, il continue de fonctionner sans problème. Le brouilleur multibande fonctionne à l'inverse : il bloque plusieurs fréquences simultanément. Dans les configurations courantes, on retrouve la 2G, la 3G, la 4G, la 5G, le Wi-Fi 2,4 GHz et le GPS 1,575 GHz. La couverture est donc bien plus large, mais cette polyvalence se paie : le prix d'achat grimpe, la consommation et la chaleur augmentent, et le risque de sur-blocage devient bien réel. Un brouilleur multibande peut en effet couper des signaux que vous ne souhaitiez pas perturber, notamment le GPS, le Wi-Fi ou les appels d'urgence. C'est justement pour cette raison que le choix entre ces deux familles dépend avant tout de la précision recherchée, et non du seul budget.
| Critère | Brouilleur monobande | Brouilleur multibande |
|---|---|---|
| Fréquences ciblées | Une seule plage (ex. GSM 900 MHz ou 4G LTE 1800-2600 MHz) | Plusieurs bandes simultanées (2G, 3G, 4G, 5G, Wi-Fi 2,4 GHz, GPS 1,575 GHz) |
| Consommation et chaleur | Faibles | Plus élevées |
| Coût | Généralement inférieur | Plus élevé |
| Périmètre d’action | Limité à la bande visée | Large, avec risque de sur-blocage |
Ce sur-blocage, c'est un peu le piège classique dans lequel tombent pas mal d'acheteurs sans s'en rendre compte. Logique, en fait : plus un brouilleur couvre de bandes à la fois, plus sa puissance se répartit entre elles, et chaque fréquence ne touche donc qu'une partie de l'énergie disponible. Du coup, un appareil très large peut venir perturber des services qu'on ne cherchait pas du tout à atteindre — les appels d'urgence en premier lieu, mais aussi le GPS, le Wi-Fi du voisinage ou le radar de la police. À l'inverse, une machine qui vise quelques bandes bien choisies concentre son énergie là où ça compte vraiment, et se révèle souvent plus efficace à puissance équivalente. C'est précisément pour ça que les acheteurs sérieux commencent par dresser la liste des bandes dont ils ont réellement besoin — GSM 900 MHz, 4G LTE 1800-2600 MHz, Wi-Fi 2,4 GHz, GPS 1 575 GHz, etc. — avant même de comparer le nombre d'antennes ou la puissance affichée. Parce que le nombre d'antennes, ça ne dit qu'une chose : une couverture potentielle. Pas la qualité du brouillage, bande par bande.
En 2024, dans les zones de conflit actives, environ 73 % des drones FPV auraient été neutralisés par des moyens de guerre électronique, brouillage inclus. Un autre chiffre mérite qu'on s'y attarde : face au saut de fréquence adaptatif du Bluetooth 5.0+, un brouilleur statique plafonnerait à 68 % de perturbation, tandis que les systèmes adaptatifs pilotés par IA atteindraient 92 % d'efficacité. Autrement dit, la technique compte autant que la puissance affichée sur la fiche produit.
Quelles bandes de fréquences vérifier avant d'acheter ?
La bonne question n’est pas « combien de watts ? », mais plutôt « quelles bandes dois-je vraiment bloquer ? ». Beaucoup d’acheteurs ne s’en aperçoivent qu’à la réception du colis, et près de 65 % d’entre eux regrettent de ne pas avoir creusé le sujet avant de commander. En règle générale, un brouilleur multibandes du commerce couvre le GSM, le Wi-Fi et le GPS ; les modèles plus poussés ajoutent la 2G, la 3G, la 4G, la 5G, le Wi-Fi 2,4 et 5 GHz, ainsi que le GPS L1/L2. Avant même de comparer les prix ou les puissances affichées, il faut donc commencer par dresser l’inventaire des réseaux réellement utilisés dans la zone à protéger. Un site industriel qui doit couper la 4G et le Wi-Fi n’a pas les mêmes besoins qu’un lieu où l’on cherche à neutraliser des liaisons GPS. Et attention : une couverture trop large n’a rien d’un gage d’efficacité. Elle disperse la puissance disponible sur un spectre inutile et augmente le risque de sur-blocage, autrement dit de brouiller des signaux qu’on voulait justement préserver, comme les communications d’urgence ou les équipements voisins. Mieux vaut cibler précisément les bandes critiques et concentrer la puissance là où elle compte vraiment.
| Usage visé | Bandes à vérifier en priorité |
|---|---|
| Blocage de la téléphonie mobile | 700 MHz, 800 MHz, 900 MHz, 1800 MHz, 1900 MHz, 2100 MHz (2G à 5G) |
| Neutralisation du positionnement | GPS 1575 MHz (bande L1), éventuellement L2 |
| Réseaux locaux sans fil | Wi-Fi 2,4 GHz et 5 GHz |
| Périphériques à courte portée | Bluetooth 2,402–2,480 GHz (bande ISM) |
Le tableau ci-dessous récapitule les bandes les plus fréquemment rencontrées et leur usage principal.
| Bande | Usage principal | Remarque d'achat |
|---|---|---|
| 700-900 MHz | 2G/4G, téléphonie rurale | Souvent indispensable hors zones urbaines |
| 1800-2100 MHz | 4G LTE, 3G | Cœur des usages mobiles en Europe |
| 1575 MHz | GPS L1 | Attention aux services de navigation critiques |
| 2,4 GHz | Wi-Fi, Bluetooth | Bande très encombrée, effet large |
| 5 GHz | Wi-Fi haut débit | Nécessite des antennes adaptées |
Les modèles avancés ne se contentent pas des bandes cellulaires classiques : ils ouvrent parfois la porte à des fréquences dites optionnelles, comme 315 MHz, 433 MHz, 868 MHz, le LoJack à 173 MHz ou la bande SAT 1520-1670 MHz. Ces ajouts ne sont pas anodins, car chaque plage correspond à un usage bien précis — télécommandes, capteurs sans fil, alarmes, balises de suivi ou signaux satellitaires — et toutes ne se valent pas selon le pays où vous vous trouvez. En effet, l’attribution des fréquences relève de la réglementation locale : une bande parfaitement légale à l’étranger peut tomber sous le coup de la loi chez vous, ou chevaucher un service protégé. Un acheteur en France n’a donc pas les mêmes repères qu’un acheteur aux États-Unis ou en Asie. Avant même de comparer les prix, prenez le temps de vérifier la compatibilité de chaque bande optionnelle avec la réglementation et l’environnement radioélectrique de votre pays : c’est le seul moyen d’éviter un achat inutilisable, voire illégal.
Puissance, puissance moyenne par MHz et portée réelle
La puissance totale en watts est souvent l’argument marketing le plus mis en avant, mais elle ne dit presque rien de la performance réelle sur le terrain. Ce qui compte vraiment, c’est la puissance moyenne par MHz : on la calcule en divisant la puissance totale par la largeur de bande couverte. Un brouilleur de 100 W qui couvre 100 MHz délivre ainsi 1 W/MHz, alors que ces mêmes 100 W étalés sur 700 MHz ne délivrent plus que 0,14 W/MHz. Autrement dit, à puissance égale, plus la bande est large, plus l’énergie se disperse et plus la portée utile risque de fondre. C’est pourquoi un module concentré sur une plage étroite, souvent proposé en 50 W (47 dBm) ou 100 W (50 dBm), produit en général une portée de brouillage plus longue qu’un modèle affichant un chiffre global impressionnant. La portée effective dépend aussi de la fréquence visée, du gain d’antenne, de la force du signal d’origine, des obstacles et de l’installation. Un brouilleur pensé pour du ciblage précis peut donc surpasser un modèle large bande très puissant sur le papier, surtout face au frequency hopping (FHSS), au DSSS ou aux protocoles propriétaires qui résistent mieux au brouillage.
Les modules proposés sur le marché offrent couramment 50 W (47 dBm) ou 100 W (50 dBm). Exemple concret : 100 W sur 2400-2500 MHz donnent 1 W/MHz, alors que 100 W sur 2000-2700 MHz tombent à 0,14 W/MHz. Autrement dit, un appareil affiché comme très puissant mais couvrant une plage immense peut être moins efficace qu'un modèle plus modeste et mieux ciblé.
La portée effective dépend aussi du gain d'antenne, de la force du signal cible, des obstacles et de l'installation. Les unités portables restent souvent sous 10 mètres, les installations fixes atteignent 30 mètres et plus, et certains brouilleurs anti-drones de forte puissance sont annoncés jusqu'à 5 kilomètres. La performance réelle est presque toujours inférieure aux chiffres de brochure.
Les techniques de résistance comptent également : saut de fréquence (FHSS), DSSS et protocoles propriétaires compliquent le brouillage. Un brouillage ciblé peut ainsi surpasser un brouillage large bande de forte puissance. Le tableau suivant résume les compromis.
| Configuration | Puissance par MHz | Effet typique |
|---|---|---|
| 100 W sur 100 MHz | 1 W/MHz | Portée ciblée plus longue |
| 100 W sur 700 MHz | 0,14 W/MHz | Couverture large, portée réduite |
| Module 50 W (47 dBm) | Variable | Usage courant, chauffe modérée |
| Module 100 W (50 dBm) | Variable | Réservé aux installations maîtrisées |
Formats portables, bureau et installation fixe : lequel choisir ?
Le format portable, alimenté par batterie ou USB, tient dans la main et couvre généralement moins de 10 mètres, avec une autonomie limitée. Il convient aux déplacements ponctuels, pas à une protection continue. Le format bureau, comme le JammerMFG DJ-065 à 6 bandes, affiche 10-40 mètres de portée pour 3,0 kg et des dimensions de 305 × 140 × 51 mm, avec alimentation AC 100-240 V ou chargeur 12 V et une garantie d'un an sans limite d'heures de fonctionnement.
L'installation fixe, elle, se monte de façon permanente dans des bureaux, des prisons ou des sites militaires. Elle peut dépasser 30 mètres de portée mais exige une installation professionnelle, une alimentation stable et une réflexion sérieuse sur le refroidissement. C'est le format qui offre le plus de puissance, mais aussi celui qui expose le plus à des conséquences légales en cas d'usage non autorisé.
Le choix directionnel ou omnidirectionnel change aussi la donne. Une antenne directionnelle concentre le signal pour plus de précision et moins de perturbations collatérales, mais doit être pointée avec soin. Une antenne omnidirectionnelle émet uniformément dans toutes les directions, ce qui simplifie l'installation mais élargit l'empreinte. Enfin, les unités à antennes internes sont compactes et discrètes, tandis que les unités à antennes externes offrent plus d'interfaces et, généralement, une portée supérieure.
Antennes, refroidissement et alimentation : les détails qui changent tout
Le nombre d'antennes ne fait pas tout, mais il conditionne la polyvalence. Un brouilleur portable moyen pèse environ 1,5 kg, tandis que les modèles de bureau à 6 bandes dépassent souvent 3 kg. Les unités à 16 antennes, comme certaines références mobiles, multiplient les interfaces et permettent d'ajuster bande par bande. À l'inverse, un modèle compact à antennes internes sera plus discret mais moins flexible.
Le refroidissement est un point souvent négligé. Un brouilleur qui fonctionne en continu chauffe, et la chaleur réduit la puissance disponible comme la durée de vie des composants. Les installations fixes à forte puissance utilisent fréquemment une alimentation 230 VAC ou 110 VAC avec ventilation active, tandis que les modèles portables se contentent d'une dissipation passive. Prévoyez toujours une marge thermique.
L'alimentation doit être stable et adaptée : AC 100-240 V pour une utilisation sédentaire, 12 V pour une utilisation embarquée. Un brouilleur mal alimenté peut voir sa portée chuter ou ses modules se dégrader. Enfin, gardez à l'esprit qu'un brouilleur interfère aussi avec les répéteurs de signal mobile : un amplificateur de signal ne peut pas annuler un brouillage, il ne fait que renforcer le signal utile avant qu'il ne soit écrasé.
Brouilleurs anti-drones : quelles références et quelles portées ?
Le segment anti-drone est celui qui affiche les puissances et les portées les plus élevées. On cite par exemple le PDJ-4075 en sac à dos, 5 bandes et 1 000 mètres de portée, l'EOTXWRJ02 en 900 MHz/2,4G/5,8G/GPS L1 pour 1 000 à 1 500 mètres avec indice IP65, ou encore le DedroneDefender, 7,5 livres et 22 pouces, à bande étroite connectée au cloud. Le SkyfendHunter AFA100 couvre 400 MHz-6 GHz sur 3 000 mètres avec écran tactile 3,5 pouces, le Phantom EAGLE 108 est annoncé jusqu'à 4 km, et le DroneGun Tactical se tient à deux mains comme un fusil.
D'autres références incluent le DJM-022 jusqu'à 2 km et le NTA-016 en couverture omnidirectionnelle à 360 degrés. La puissance totale d'un brouilleur anti-drone est parfois citée jusqu'à 190 W pour une distance de brouillage allant jusqu'à 5 kilomètres. Ces chiffres restent des maximums théoriques, mesurés dans des conditions favorables, sans obstacles ni interférences.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des portées annoncées, à lire comme des ordres de grandeur et non comme des garanties.
| Référence | Bandes | Portée annoncée |
|---|---|---|
| PDJ-4075 | 5 bandes, sac à dos | 1 000 m |
| EOTXWRJ02 | 900 MHz/2,4G/5,8G/GPS L1 | 1 000-1 500 m |
| SkyfendHunter AFA100 | 400 MHz-6 GHz | 3 000 m |
| Phantom EAGLE 108 | Multi-bandes | Jusqu'à 4 km |
| DJM-022 | Multi-bandes | Jusqu'à 2 km |
Quel budget prévoir pour un brouilleur multibandes ?
Les prix varient fortement selon le format et le nombre de bandes. Chez Jammer Master, les brouilleurs portables pèsent en moyenne 1,5 kg. Le modèle 8 antennes JM017 est affiché à 899,00 dollars, le CDMA Wi-Fi JM031 à 1 050,00 dollars, le portable anti-drone JM011 à 1 058,99 dollars, le GPS portable à 777,89 dollars, le 4G JM021 à 520,00 dollars, le drone JM004 à 2 399,99 dollars, le Wi-Fi 2,4/5,2/5,8 GHz JM012 à 569,99 dollars et le mobile 16 antennes JM018 à 699,00 dollars.
Côté bureau, le JammerMFG DJ-065 à 6 bandes est proposé à 369,91 dollars (au lieu de 669,91). Ses versions couvrent notamment GSM 3G 4G Wi-Fi pour 15,0 W au total, la variante UE à 14,5 W, la VHF UHF à 18,0 W, le GPS L1-L5 à 9,0 W et les basses fréquences à 18,0 W. Les fréquences optionnelles incluent 315 MHz, 433 MHz, 868 MHz, LoJack 173 MHz et SAT 1520-1670 MHz.
Un brouilleur multibandes haute puissance avec antenne omnidirectionnelle à gain élevé, en 230 VAC ou 110 VAC sur 6 bandes, peut atteindre 500 mètres de portée active. Les prix grimpent vite avec la puissance et le nombre de bandes : mieux vaut définir son besoin réel avant de comparer les étiquettes, car payer plus cher pour des bandes inutiles n'améliore pas la protection.
Les brouilleurs sont-ils légaux à l'achat et à l'usage ?
C'est le point le plus important, et le plus souvent mal compris. Aux États-Unis, la FCC rappelle que la loi fédérale interdit l'exploitation, la commercialisation ou la vente de tout équipement de brouillage interférant avec des communications radio autorisées, y compris cellulaires, PCS, radar de police et GPS. Aucune exemption n'existe pour une entreprise, une salle de classe, un domicile ou un véhicule. Le Communications Act de 1934 interdit également toute interférence avec les émissions radio autorisées.
Les amendes citées dépassent 100 000 dollars, avec un risque de poursuites pénales aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Inde et dans la majeure partie de l'Union européenne. Les forces de l'ordre locales ne disposent pas d'une autorité indépendante pour utiliser du matériel de brouillage ; seules certaines agences fédérales peuvent y être autorisées. La légalité varie donc fortement d'un pays à l'autre, et il faut vérifier la réglementation locale avant tout achat.
Un brouilleur interfère aussi avec le GPS, le Wi-Fi et le radar de police, et peut bloquer les appels d'urgence au 9-1-1. Les utilisateurs gouvernementaux et de sécurité autorisés constituent la principale exception. Pour un usage privé, la prudence est de mise : acheter n'est pas la même chose qu'utiliser légalement.
Comment choisir sans se tromper : la méthode en cinq étapes
Première étape : lister les réseaux à bloquer et les bandes correspondantes, sans chercher à tout couvrir. Deuxième étape : calculer la puissance moyenne par MHz nécessaire plutôt que de viser le plus gros chiffre en watts. Troisième étape : définir la portée utile et le format (portable, bureau, fixe) en fonction du lieu et de la durée d'utilisation. Quatrième étape : vérifier le refroidissement, l'alimentation et le type d'antennes. Cinquième étape : valider le cadre légal local avant l'achat.
Cette méthode évite les deux erreurs les plus fréquentes : acheter un appareil surdimensionné et difficile à installer, ou sous-dimensionner la couverture et devoir racheter. Elle rappelle aussi qu'un brouilleur n'est pas un produit anodin : ses effets dépassent souvent la cible visée.
Enfin, gardez en tête que les performances annoncées sont mesurées dans des conditions idéales. Obstacles, murs, météo et densité du réseau réduisent la portée réelle. Un essai encadré, quand il est légal, vaut mieux que n'importe quelle fiche technique.
Questions fréquentes
Quelles bandes de fréquences un brouilleur multibandes doit-il couvrir ?
La plupart des brouilleurs commerciaux couvrent le GSM, le Wi-Fi et le GPS, tandis que les modèles multibandes ajoutent souvent 2G, 3G, 4G, 5G, Wi-Fi 2,4/5 GHz et GPS L1/L2. Il faut aligner les bandes sur les réseaux réellement à bloquer, car une couverture plus large disperse la puissance et augmente le risque de sur-blocage.
Les brouilleurs de signal sont-ils légaux à acheter et à utiliser ?
Aux États-Unis, la loi fédérale interdit d'exploiter, de commercialiser ou de vendre un équipement de brouillage interférant avec des communications radio autorisées, sans exemption pour une entreprise, une salle de classe, un domicile ou un véhicule. La légalité varie selon les pays : vérifiez la réglementation locale avant d'acheter, les utilisateurs gouvernementaux et de sécurité autorisés étant la principale exception.
Quelle portée peut atteindre un brouilleur multibandes ?
La portée dépend de la puissance de sortie, de la fréquence, du gain d'antenne, de la force du signal cible et des obstacles. Les unités portables couvrent généralement moins de 10 mètres, les installations fixes peuvent dépasser 30 mètres, et les brouilleurs anti-drones de forte puissance sont annoncés jusqu'à 5 kilomètres. La performance réelle est presque toujours inférieure aux chiffres affichés.
Pourquoi la puissance totale ne reflète-t-elle pas la performance de brouillage ?
La puissance moyenne par MHz compte davantage que le total en watts. Un brouilleur de 100 W couvrant 100 MHz délivre 1 W/MHz, tandis que 100 W étalés sur 700 MHz ne délivrent que 0,14 W/MHz. Une énergie concentrée dans une bande étroite produit en général une portée de brouillage effective plus longue.


